Œuvre, expression, manifestation, item, entités, attributs et relations. Bienvenue dans la nouvelle norme de catalogage RDA!

Le roi est mort, vive le roi! Qu’on soit optimiste ou non face à l’apprentissage d’une nouvelle approche en catalogage, il faut se l’avouer, il était plus que temps pour nos usagers que nous nous adaptions à l’ère numérique. Bibliogr., p. de t., ed. rev. et aug. et toutes ces abréviations bien utiles pour condenser l’information sur des fiches papiers ne sont plus du tout justifiées aujourd’hui et aucunement intuitives pour nos usagers.

Du côté du catalogage, on passe de règles claires et restrictives à une norme qui laisse le catalogueur beaucoup plus libre dans ses descriptions. Par contre, le vocabulaire change complètement : on ne parle plus d’autorités, on parle de points d’accès autorisés ; on ne dit plus un exemplaire, mais plutôt un item, etc. Il est clair que le passage des RCAA2 vers les RDA est tout un défi pour les techniciens en documentation qui sont habitués de travailler avec l’approche des RCAA2. Tout est à revoir, ou presque!

Un tel changement ne passe pas inaperçu dans une équipe de travail, surtout lorsque le vocabulaire et la façon de penser le catalogage changent si drastiquement. C’est pourquoi le travail en équipe est d’autant plus primordial et nécessaire. À la bibliothèque où je suis, au cégep du Vieux Montréal, nous avons décidé de passer aux RDA cet été, suite à la formation que nous avons reçue pour les catalogueurs du REBICQ. Le résultat? Nous avons beaucoup de décisions locales à prendre et énormément de travail intellectuel pour bien comprendre et bien utiliser la norme et les outils mis à notre disposition. Que de bonnes discussions nous avons eues en tombant dans un «vortex» de questionnement (ha ha!) qui nous fait remettre en question à peu près tout. «Est-ce une relation d’œuvre dérivée? » «Serait-ce une manifestation de l’œuvre ou une expression de la manifestation?». On ouvre le Toolkit, décortique la règle, cherche dans le Maxwell s’il y a des exemples, cherche la façon de placer le tout dans le format Marc, voit d’autres catalogues pour voir ce que le catalogueur a décidé de faire, revient au Toolkit, on se rebranche puisque la connexion a été perdue, etc. Des heures de plaisir garanti, vous voyez le genre?!

Jusqu’à maintenant, je crois que l’équipe de travail est l’outil le plus essentiel (combiné au Toolkit bien sûr!) pour démêler et bien s’ajuster à tous les nouveaux réflexes que nous devons prendre. On dit souvent que l’inconnu fait peur. Au cégep du Vieux Montréal, nous avons réussi à transformer la crainte en un défi de groupe. Et avoir un défi, c’est toujours motivant!

Ah oui, j’oubliais. Nous aurons maintenant un endroit où il sera possible de s’entraider : le forum RDA Québec.

Ce sera du travail d’équipe à grande échelle et je suis certaine que ce sera profitable pour toute la communauté!

Was this article helpful to you?

Joëlle Castonguay

Technicienne en documentation au Cégep du Vieux Montréal.

5 Responses to “Se lancer dans la nouvelle norme RDA”

  1. Charron

    Merci Joëlle de nous encourager à faire le saut dans l’univers RDA. Pour le moment, je continue à cataloguer les multimédias comme si RDA n’existait pas. J’ajoute encore le support entre parenthèses. D’ailleurs, pourquoi l’a-t-on enlevé ? Charron

    Répondre
    • Joëlle Castonguay

      Bonjour!

      De mon côté, je me suis lancé dans le catalogage de documents audiovisuels avec RDA depuis juin et malgré un départ assez difficile, je trouve que ça va relativement bien maintenant! Comme on est un peu en «rodage», je me suis beaucoup aidé en regardant des exemples à la BAnQ, dans le Maxwell et dans les exemples de notices dans le Toolkit. Une fois que l’on est habitué à chercher (et trouver!) dans le Toolkit, je crois qu’on peut dire mission accomplie.

      Pour ta question, tu parles de l’IGGD qui était entre crochets carrés? Avec RDA il n’existe plus, car le type de contenu est maintenant enregistré ailleurs que dans la zone de titre. Tu verras l’info sous la règle 6.9. Il y a également de nouvelles zones Marc (336, 337, 338, etc.) associées au type de contenu qui permet d’aller plus loin dans la description.

      Merci pour le commentaire et bonne chance!

      Répondre
  2. Eric P626

    D’un point de vue informatique, les RDA suivent les idées d’une base de données relationnelle, ce qui est complètement logique. Sauf que les catalogues présentement disponible on tous, ou presque, la structure MARC qui est basé sur les RCAA2. Ce qui fait en sorte que les RDA sont très difficile à appliquer parce qu’il faut constamment traduire l’information d’un système à un autre. Seulement lorsque les catalogues feront la saisie de chaque entité dans une table distincte que l’on pourra appliquer les RDA à son plein potentiel. Évidemment, c’est toujours la transition qui est le plus difficile. Je ne crois pas que MARC sera changé, donc il faudra attendre que les logiciels regroupe les zone MARC par entités.

    Pour ma part, on fait du catalogage hybride puisque nous n’avons pas la zone 264 par exemple. La porte d’entrée a toute recherche de règle se fait par l’Annexe D, sinon je vais perdre des heures à feuilleter les RDA pour trouver ce que je cherche. C’est plus facile le consulter une liste des modifications tel qu’expliqué dans plusieurs formations et présentations que de consulter les RDA.

    On verra comment les choses évoluent.

    Répondre
    • Joëlle Castonguay

      C’est vrai que le format MARC essaie tant bien que mal de s’adapter aux RDA.

      Quel SIGB avez-vous? De notre côté, nous travaillons avec Koha et comme nous aurons encore plusieurs années à faire avec le MARC, on est bien content de pouvoir ajouter les nouvelles zones crées pour les RDA à nos grilles de catalogage. Nous faisons également du catalogage hybride lorsque nous traitons en rétrospectif un vieux document et que nous importons une notice RCAA2, mais nous avons établi une norme «maison» avec les zones à changer ou non en RDA.

      J’avoue que je n’avais jamais passé par l’annexe D, je vais aller voir ça! J’ai plutôt pris l’habitude de chercher dans la boîte de recherche du Toolkit. On vient à connaître les chapitres ou les règles qui reviennent le plus souvent. Au final, l’important c’est de réussir à trouver la réponse à nos questions, pas le chemin qu’on utilise je présume.

      Merci pour le commentaire!

      Répondre
      • Eric P626

        En fait j’ai Koha aussi, mais je n’ai pas pu ajouter les nouvelles zones, ce semble faisable mais assez complexe. Le risque d’erreur est très élevés, d’autant plus que l’information doit être dupliqué pour chaque schema, ce qui est un travail énorme à faire sans utiliser de requête SQL.

        POur la structure RDA, une solution serait de déplacer tout les champs dans des panneaux différent (KOHA seulement). Comme par exemple: Mettre tout les champs reliés à l’oeuvre dans le panneau 1 du catalogage, tous les champs reliés à l’expression dans le panneau 2, la manifestation dans 3 et le document dans 4. Il y aura de la duplication d’information entre les notices qui partage la même information, mais au moins la structure reflétera les RDA.

        Pour ce qui est des RDA, j’ai la version papier, donc l’annexe D sauve des heures de feuilletage.

        Répondre

Leave a Reply